Automobile, que choisir achat ou location ?
Les Échos des Retraités n° 200 décembre 2024
La location avec option d’achat et la location longue durée ont représenté plus de la moitié des ventes de voitures neuves aux ménages en 2023. Les Français qui sont de plus en plus nombreux à faire le choix de la location avec option d’achat, font-ils vraiment une bonne affaire ?
Rouler dans une voiture que l’on n’aurait pas forcément les moyens d’acquérir, sans y sacrifier une part trop importante de son budget, c’est la promesse alléchante du leasing, un mode de financement en plein essor sur le marché de l’automobile.
Si ce mode de financement gagne les faveurs du grand public, c’est qu’il emporte de nombreux avantages. Les loyers sont plus bas que le crédit classique. Un argument de taille, d’autant que le fameux apport, prenant la forme d’un premier loyer majoré, n’est plus obligatoire pour souscrire à une location avec option d’achat (LOA) ou une location longue durée (LLD). Il y a donc moins de barrages à l’entrée, quand le crédit à la consommation devient lui de plus en plus excluant en raison de la remontée des taux. Autres avantages du leasing, il s’agit souvent d’une « offre tout-en-un» incluant l’assurance et l’entretien. De plus, le client n’a pas à se préoccuper de la revente du véhicule.
Gare aux accrochages à la restitution
Dans le cas d’une LLD, le client n’a en aucun cas la possibilité d’acheter le véhicule en fin de contrat, ce qui fait que la LLD n’est pas, en général, proposée aux particuliers.
C’est la LOA qui est quasi systématiquement mise en avant. Dans le cadre de cette formule, il est possible de lever l’option d’achat à l’issue de la période de location, au prix de la valeur résiduelle de la voiture, définie lors de la signature du contrat.
C’est alors au client de décider si la valeur résiduelle est une bonne affaire ou pas, et seulement une minorité de clients choisit l’achat en fin de contrat.
En 2020, une revue de défense des consommateurs a fait paraître une enquête sur les pièges du leasing, en particulier sur le scandale des frais de remises en état. En effet, dans le cadre d’une LOA ou d’une LLD, le client est tenu de rendre un véhicule en bon état. Mais l’examen se révélerait souvent plus pointilleux que prévu, de simples éraflures pouvant donner lieu à de lourdes pénalités.
Derrière les loyers alléchants, les surcoûts
Ce qui est important, c’est de comparer les offres. Il suffit de surfer sur Internet pour s’apercevoir que certains constructeurs sont plus flexibles que d’autres. Côté tarifs, il faut éplucher les offres pour s’apercevoir que la tranquillité vantée par les constructeurs a un coût, souvent bien supérieur aux tarifs affichés sur les publicités.
Pour améliorer l’offre, le client est invité à créer son loyer personnalisé. Doublement du kilométrage annuel, ensuite le fameux « tout en un », extensions de garanties, assistance, entretien, assurance liée aux aléas de la vie (décès, incapacité, perte d’emploi ou de revenus), pas de premier loyer majoré.
Reste à comparer ces montants avec ceux que devraient débourser un ménage s’il achetait le véhicule avec un prêt auto classique.
C’est moins que la LOA, et pour ce prix-là, le client est propriétaire de son véhicule, qu’il pourra ensuite revendre. L’écart se creuse encore en faveur de l’achat lorsque on réduit la durée de remboursement. En revanche, le propriétaire n’échappe pas aux frais d’entretien, qui vont croissant au fur et à mesure que le véhicule vieillit.
Comparer les offres et négocier
Alors, dans quel cas est-il judicieux de recourir à la location avec option d’achat ? Si l’on raisonne d’un point de vue strictement monétaire, il faut acheter une voiture et la garder. En revanche, si vous voulez une vie plus simple, sans tracas, alors mieux vaut opter pour le leasing avec options, même si c’est plus cher et il ne faut hésiter à négocier.
L’intérêt de recourir à ce type de financement dépend enfin du type de véhicule convoité. La LOA est plus intéressante pour les véhicules électriques, car ils sont plus onéreux à l’achat que les thermiques, mais moins chers à l’usage.
L’électrification du parc automobile, rendu nécessaire par l’évolution de la réglementation européenne, devrait de toutes façons faire les beaux jours du leasing.
Mais les foyers les plus modestes ont tout intérêt à essayer de profiter du déploiement du « leasing social ».
J-P.B