Quelques informations sur les cartes bancaires
L’ arnaque aux distributeurs de billets fait son retour
Une arnaque bien connue sous le nom de « collet marseillais » a fait son retour en France ces derniers mois et les banques sont nombreuses à alerter sur la recrudescence de tentative de vol. Si le piratage électronique des données bancaires a toujours le vent en poupe via la récupération de vos données personnelles en « phishing », de bonnes vieilles méthodes sont toujours utilisées par les malfrats.
Celle du « collet marseillais » est une arnaque bien ficelée qui commence par insérer un objet dans la fente du distributeur de billets pour piéger votre carte bancaire dans l’appareil. Il s’agit généralement d’une petite bande plastifiée, glissée dans l’interstice mais il peut aussi s’agir d’un petit bout de papier. Ils peuvent être difficilement détectable quand vous approchez votre carte de l’orifice prévu pour insérer votre carte.
Vous insérez votre carte, attendez anxieusement que l’écran d’affichage du distributeur se mette à jour et vous propose les différentes options de retraits et… rien ne se passe ! Paniqué, vous pensez que votre carte a été avalée par l’appareil… En réalité, ce n’est que le début de vos ennuis.
Vous tentez alors d’appuyer sur l’appareil ou regardez si un employé de la banque est à proximité. Malheur, cette arnaque est particulièrement répandue lors des heures de fermeture des guichets et à des endroits plutôt isolés. Là, un complice entre en jeu. Il prétend vous venir en aide, vous demande de ressaisir votre code, parfois en feignant avoir connu le même problème ou en évoquant un dysfonctionnement de l’appareil.
Il peut alors mémoriser votre code en se plaçant discrètement à proximité. Le tour est joué. Le voleur n’a plus qu’à attendre que vous vous lassiez et quittiez le distributeur, certain d’avoir vu votre carte être « avalée », puis de récupérer votre carte, soigneusement conservée dans la « fausse » ouverture. Le voleur a votre carte bancaire, votre code et n’a plus qu’à utiliser frauduleusement votre compte.
Sans opposition rapide réalisée sur votre carte, les montants peuvent facilement atteindre 2000 euros. Nouveau mode de paiements oblige, le voleur n’a parfois même pas besoin de votre code pour réaliser au moins de petits paiements. Avec le développement du sans-contact, de petits montants peuvent être débités successivement.
Carte bancaire, attention aux frais de transaction
Les frais de transaction sur les deux grands réseaux de cartes bancaires que sont Visa et MasterCard sont dix fois plus élevés que le réseau CB traditionnel en France. Cela pourrait entraîner des augmentations de prix.
Les commerçants payent trop de frais de transactions lorsqu’ils sont en dehors du réseau français classique CB. Des frais jusqu’à 10 fois plus élevés. Et cela pourrait finir par se répercuter sur les prix, rendant mécaniquement les achats plus coûteux.
Pour exemple, un achat fait avec le réseau CB traditionnel coûtera 0,2 à 0,3 % au commerçant qui le reversera au réseau. Ce taux explose en cas de paiement par Visa ou MasterCard, la commission pouvant aller jusqu’à 1,80 %. Des frais qui impactent les marges, et des grands groupes comme Système U, la SNCF ou encore CDiscount ont tiré la sonnette d’alarme.
Pourquoi une telle évolution ? Les commerçants dénoncent le fait que de plus en plus de banques délaissent le réseau traditionnel CB pour les systèmes américains qui leur offre plus de marge. Ce serait le cas chez BPCE, les banques en ligne et les banques mobiles. Le problème prend un tournant plus politique si les économies européennes deviennent dépendantes de systèmes de paiement étrangers.
Signature de la carte
C’est un geste que l’on néglige souvent et qui pourrait pourtant coûter cher. Au dos de chaque carte bancaire, un rectangle blanc n’attend plus que le titulaire de la carte appose sa signature pour qu’elle soit validée. Pourtant, peu de clients des banques le font. Tous les établissements français vous invitent à signer au dos le précieux sésame bleu ou doré. Cependant, l’absence de signature à vos risques et périls ne vous expose pas à des poursuites ou une amende. Il faut juste avoir en tête qu’en cas d’achat physique dans une boutique, vous risquez que cette dernière soit invalidée et ne pas être considérée comme votre propriété.
J-P.B