Les changements du contrôle technique automobile en 2026
Les Échos des Retraités n° 204 décembre 2025
Au 1er janvier 2026, le contrôle technique automobile va connaître des évolutions importantes principalement axées sur les campagnes de rappel de véhicules. En cause, les difficultés rencontrées lors des campagnes de rappel massives, notamment celle des airbags Takata défectueux. Car ces fameuses campagnes ont mis en exergue « la difficulté pour les constructeurs de joindre les propriétaires des véhicules », indique la synthèse de consultation publique qui a précédé les projets de textes réglementaires.
Les rappels de véhicules intégrés au contrôle technique
Dès janvier 2026, lors de chaque contrôle technique, il sera systématiquement vérifié si le véhicule est concerné par une campagne de rappel grave, c’est-à-dire portant sur des véhicules compromettant gravement la sécurité routière ou l’environnement, et si les réparations ont été effectuées.
Les véhicules identifiés par leur constructeur comme présentant « un danger grave direct et immédiat et pour lesquels une demande de cesser immédiatement de conduire, procédure stop drive ((interdiction de conduire le véhicule jusqu’à remplacement des airbags défectueux) a été formulée, seront automatiquement mis en contre-visite avec une défaillance critique.
Les contrôleurs devront transmettre vos données personnelles
Pour résoudre les difficultés rencontrées par les constructeurs à joindre les propriétaires, les contrôleurs techniques collecteront et transmettront de nouvelles informations :
- noms et prénoms,
- adresses postales et e-mails,
- numéros de téléphone fixes et mobiles.
Ces données seront transmises à l’OTC, Organisme Technique Central du contrôle technique des véhicules. L’OTC est également désigné pour exploiter les dossiers de réception communautaire en vue de l’immatriculation des véhicules,
puis aux constructeurs, uniquement dans le cadre des rappels, et sous réserve du règlement général de protection des données.
Sanctions renforcées contre les fraudes
Autre nouveauté, les centres de contrôle et leurs agents risqueront désormais des amendes administratives allant jusqu’à 1 500 € en cas de manquement, en plus des sanctions habituelles (suspension ou retrait d’agrément).
Les agents de l’administration disposeront aussi de nouveaux pouvoirs étendus : accès aux locaux, contrôle des documents et possibilité d’exiger un nouveau passage au contrôle technique pour certains véhicules.
Une réforme qui divise
Lors de la consultation publique menée en juillet 2025, 60 % des avis étaient favorables à cette réforme. Ses partisans estiment que l’intégration des rappels au contrôle technique renforce son rôle central dans la sécurité routière.
Mais les opposants dénoncent :
- un risque de conflit entre usagers et contrôleurs,
- un allongement du temps de contrôle,
- une possible hausse des prix,
- et des doutes sur l’indépendance entre contrôle technique et réparation.
Pour calmer les inquiétudes, l’administration précise que la mise en contre-visite sera automatique, sans responsabilité directe des contrôleurs, et que l’indépendance avec les réparateurs reste garantie.
J-P.B.