Une pénurie d'ophtalmologues, comme prévu
Obtenir un rendez-vous en ophtalmologie devient de plus en plus long. La France est l’un des pays européens les moins bien dotés, un spécialiste pour 10.000 habitants. En comparaison, l’Allemagne en compte 2,5 pour 10.000 habitants, plus du double. En cause, toujours le même phénomène, la France ne forme pas suffisamment d’étudiants pour certains métiers de spécialités médicales. Cette pénurie n’a pas été anticipée alors qu’elle était connue et attendue depuis longtemps, pour une raison aisée à comprendre : moins il y a de spécialistes diplômés puis installés, plus les rendez-vous sont espacés, donc, moins il y a de dépenses pour la Sécurité sociale.
Les patients attendent plusieurs mois avant d’avoir un rendez-vous, surtout dans certains cantons un peu en retrait des villes importantes.
Le fameux numérus clausus a augmenté depuis quelques années, aujourd’hui, 160 jeunes ophtalmologues entrent en activité chaque année, mais, avec le retard pris, c’est insuffisant. Le nombre d’admissions était tombé jusqu’à 50 par an, alors que 250 à 300 partent à la retraite chaque année.
Actuellement, 1150 ophtalmologues ont plus de 65 ans. Certains restent en activité jusqu’à 70 ans, heureusement, mais la relève ne suffira pas.
D’autant plus que l’opération de la cataracte est devenue courante pour beaucoup de patients, le bénéfice en vision étant, pour la plupart, très satisfaisant. L’abus de présence journalière devant les écrans (télévision, téléphone portable, internet) contribue à l’altération de la vision. De plus, l’allongement moyen de durée de vie doit être pris en compte.
Les soins et la chirurgie ont doublé en quinze ans, donc les ophtalmologues ont moins de temps pour les visites de contrôle.
Seule solution pour y remédier : favoriser la venue des ophtalmologues étrangers, principalement de l’union européenne. Les Roumains sont très nombreux, leurs salaires sont plus importants que dans leur pays. En second, les Grecs, pour éviter leur crise économique. Ils sont tous reçus sans contrainte, avec le diplôme européen, parfois sans bien maîtriser la langue française, ce qui peut amener des difficultés de compréhension problématiques avec les clients.
Certains viennent d’en dehors de l’Union Européenne. Ceux là doivent suivre une formation complémentaire. Dommage que l’entrée en études ne puisse pas être ouverte à plus d’étudiants, alors qu’il y a tant de jeunes qui ne savent pas dans quel métier se lancer.