Des nouveautés concernant l'allocation de proche aidant
L’ALLOCATION DE PROCHE AIDANT POURRA ÊTRE PERÇUE POUR PLUSIEURS PROCHES
Les Échos des Retraités n° 204 décembre 2025
Depuis 2017, le congé de proche aidant permet de s’arrêter de travailler temporairement pour s’occuper d’un proche handicapé ou en perte d’autonomie. Une mesure salutaire pour les onze millions d’aidants, en majorité des actifs. Depuis son instauration, la mesure a été plusieurs fois améliorée notamment en l’élargissant à davantage de bénéficiaires.
Actuellement, le congé est d’une durée de 3 mois et peut être renouvelé sans pouvoir dépasser une année pour l’ensemble de la carrière. En principe, il est pris de façon continue. Mais, avec l’accord de l’employeur, il peut être transformé en période d’activité à temps partiel ou être fractionné. Durant ce temps, le salarié n’est pas rémunéré.
Toutefois, depuis 2022, une allocation journalière du proche aidant (AJPA) est versée pour limiter la perte de revenus. Cette allocation forfaitaire a été portée au niveau du Smic, soit à 64,54 € par journée en 2024. Un bénéficiaire a ainsi droit à 66 jours indemnisés à raison de 22 jours maximum d’AJPA par mois, soit à 1 419,88 € par mois. La demande de prestation doit s’effectuer en ligne sur caf.fr ou sur msa.fr.
La nouveauté 2025 réside en la possibilité de bénéficier d’un renouvellement de cette allocation. À partir du 1er janvier, une personne qui a déjà bénéficié de l’AJPA pourra, si elle aide un autre proche, souffler une nouvelle fois durant 3 mois tout en étant indemnisée.Jusqu’à 3 rechargements des droits à l’AJPA seront désormais possibles pour un plafond de 264 jours d’allocations sur l’ensemble de la carrière, soit jusqu’à 4 personnes aidées.
Une mesure qui va dans le bon sens au regard du développement du phénomène de la multi-aidance. Bien que l’aide se destine toujours majoritairement à une seule personne (77 %), la part des multi-aidants n’est pas négligeable et devrait mécaniquement augmenter les prochaines années du fait de l’allongement de la durée de la vie. Une donnée inquiétante au regard des impacts négatifs du rôle d’aidant sur le moral, la vie de famille, la santé, la vie sociale, la qualité du sommeil…
Reste à espérer que d’autres avancées suivront. Les millions d’aidants jouent un rôle clé face aux enjeux du vieillissement et du maintien à domicile.
J-P.B.