Cendrier, klaxon et mobilité
Les Echos des Retraités n° 199 septembre 2024
Cendriers dans les voitures
Selon une étude annuelle de la fondation Vinci Autoroute, 24 % des fumeurs reconnaissent jeter leurs mégots de cigarettes par la fenêtre lorsqu’ils roulent. Soit un fumeur sur quatre. Cette fâcheuse tendance s’avère d’ailleurs plus importante chez les moins de 35 ans, ils sont 39 % à avouer le faire. À titre d’exemple : « Un relevé sur une portion d’autoroute de l’autoroute A8 a montré qu’en moyenne, chaque jour, 100 mégots de cigarette étaient jetés par kilomètre et par sens de circulation ».
Cette mauvaise habitude n’est pas sans risque pour l’environnement : elle pollue et peut être à l’origine de nombreux départs de feux. Une pratique incivique considérée comme une infraction et passible d’une amende de 135 €.
Mais alors, pourquoi n’y a-t-il plus de cendriers dans les voitures ? Que proposent les constructeurs automobiles pour les fumeurs ?
« La réglementation technique pour l’homologation des véhicules routiers à moteur n’oblige pas les constructeurs à équiper leurs modèles d’un cendrier, mais les conducteurs ont toujours la possibilité d’installer un cendrier dans leur véhicule s’ils le souhaitent », répond la Sécurité routière.
Si l’on souhaite équiper sa voiture d’un cendrier, il faudra payer une option supplémentaire.
Outre les accessoires en option moyennant un coût supplémentaire chez votre concessionnaire, d’autres solutions à moindre coût existent pour jeter vos mégots facilement. Pour quelques euros, pensez au cendrier de poche. « Pratique, il vous permet d’y jeter votre mégot si vous n’avez pas ce cendrier à portée de main », souligne Vinci autoroutes, sur son site internet.
« Il reste de la responsabilité des fumeurs de ne pas jeter leurs mégots de cigarettes hors de leur véhicule et de s’équiper en conséquence », poursuit la Sécurité routière.
Rien n’interdit expressément à un automobiliste de fumer au volant. « Mais il est interdit à tous les occupants d’un véhicule de fumer en présence d’un mineur », peut-on lire sur le site du Service public. La sanction s’avère très lourde pour les usagers de la route qui contreviennent à cette règle : l’amende peut monter jusqu’à 750 €. « En général, il s’agit d’une amende de 135 € », précise l’administration française.
Même si la loi n’interdit pas formellement la cigarette en conduisant, les forces de l’ordre peuvent vous verbaliser si fumer au volant vous empêche d’avoir une conduite en toute sécurité, avec un champ de vision convenable.
Utilisation du klaxon de sa voiture
Le Code de la route fait la distinction entre l’usage du klaxon en agglomération et hors agglomération. En ville, où la circulation est plus dense, il est précisé que l’avertisseur sonore ne doit être utilisé qu’en cas de danger immédiat. Pour avertir les autres conducteurs d’une situation dangereuse qui nécessite une réaction rapide, comme un véhicule qui change brusquement de voie sans signaler, ou alors un piéton qui traverse la route de manière imprudente.
Hors agglomération, l’usage du klaxon est préconisé seulement pour donner des indications aux autres automobilistes, par exemple avant de s’engager dans un virage sans visibilité, comme on peut en emprunter parfois sur les routes de montagne. A la campagne, l’utilisation de l’avertisseur sonore est encore plus restreinte quand il fait nuit. Dans le noir, un automobiliste doit privilégier les appels de phare et n’a le droit d’actionner son klaxon qu’en cas d’absolue nécessité.
Tous ces comportements agressifs au volant, qui peuvent d’ailleurs créer des situations dangereuses sur la route, sont passibles d’une contravention de 2ème classe. Cela équivaut à une amende de 35 euros qui peut s’élever à 75 euros en cas de majoration (paiement au-delà de 45 ou 60 jours selon les cas).
Mobilité des personnes âgées
Notre ministre chargé des Transports, à l’automne dernier, a déclaré qu’il n’était pas question d’instaurer un examen médical pour les conducteurs seniors (du moins pour un temps ?).
Rien ne justifie de stigmatiser les seniors. La Prévention routière rappelle des chiffres qui montrent plutôt leur vulnérabilité. Les 65 ans et plus représentent 27 % des personnes tuées sur les routes lors qu’ils ne constituent 21 % de la population.
Quant au taux de responsabilité des automobilistes impliqués dans les accidents mortels, il est le même (80 %) pour les 75 ans et plus, que pour les jeunes de 18 à 24 ans.
L’efficacité d’un contrôle médical est loin d’être démontrée chez ceux de nos voisins européens qui l’ont instauré.
Il semble plus opportun de prévoir des ateliers centrés sur la sensibilisation aux risques routiers et le rappel des règles essentielles de la circulation.
Ne pas hésiter à prendre l’avis de son généraliste pour bénéficier de mesures thérapeutiques destinées à compenser d’éventuelles déficiences … et continuer à pouvoir se déplacer.
J-P.B