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Manque de reconnaissance envers les personnes âgées

LES ECHOS DES RETRAITES n° 183 par P.G.

Les responsables politiques et sociaux participent réguliè­rement à la défense des conditions sociales des personnes âgées, mais plus nous avançons dans le temps, plus nous entendons des réflexions désobligeantes sur les retraités.
Les services n’ont que des statistiques qui doivent donner la meilleure impression possible sur le bien-être des retraités. Ils donnent des moyennes en comptabilisant les 5 % de très hautes retraites, ils arrivent ainsi à 1500 € par mois ; nous savons bien que la moyenne des retraites des travailleurs est plus faible, qu’ils soient salariés ou travailleurs indépendants, on se situe plutôt à environ 1200 € mensuels en moyenne. Je ne parle pas de ceux qui travaillent dans la fonction publique ni des régimes spéciaux.

Autre difficulté de plus en plus prégnante, le tarif d’héberge­ment dans un EHPAD inquiète un grand nombre de retraités, particulièrement les femmes ne percevant que la réversion. Dans beaucoup de familles, les enfants doivent aider chaque mois à régler l’hébergement, ou ils doivent solliciter les aides sociales du conseil départemental, qui doivent être rembour­sées à la succession.

Cette année 2020, avec le confinement, les records d’angoisse et de décès ont été battus pour les personnes âgées. La France prend un retard considérable par rapport à certains pays déve­loppés voisins sur les aides nécessaires à l’accompagnement en EHPAD (par exemple). Nos responsables politiques ne sont pas suffisamment intervenus depuis plusieurs décennies. Il en est question sans cesse, mais sans aboutir à une amélioration réelle du financement.

Le plan de « solidarité grand âge » avait fixé l’objectif de huit professionnels pour dix résidents en EHPAD pour 2010. Dix ans après, en 2020, nous sommes encore à sept pour dix en maisons publiques, parfois moins.
La pyramide des âges sera, fin 2020, de 10% de la population au-dessus de 70 ans, et cette courbe n’ira qu’en progressant.

Le manque d’aides soignantes est une réalité. Un budget insuffi­sant ne permet pas l’embauche de personnels supplémentaires. Nous sommes loin du personnel indispensable pour accorder du temps pour les repas, faire leur toilette, les faire marcher, etc.

Les conditions du personnel d’aide à domicile, insuffisamment rémunéré, et sans avoir une qualification suffisante est une autre réalité. Ces personnes ne peuvent pas être motivées. Les contestations sont d’abord, un temps partiel trop court au domicile de chaque client, elles passent trop de temps en déplacements non rémunérés, et en plus des salaires peu élevés.

L’Assemblée nationale a bien voté un budget cet été, de 300 millions d’euros, pour accompagner la perte d’autonomie, mais finalement, il y a toujours des besoins plus urgents, dans les hôpitaux, les urgences, etc.
Le budget annuel de la Sécurité sociale est insuffisant. La question de la création d’une 5ème branche de la Sécurité sociale gérée par la Caisse Nationale de Solidarité Autonomie (CNSA) est posée régulièrement, sans succès. Il a même été dit, devant les députés : « Nous voulons poser les fondations d’une loi grand-âge autonomie ambitieuse, pour inscrire la longévité dans la durée et un meilleur service aux personnes âgées». Je ne doute pas de la sincérité de nos élus dans leur vote, mais cela n’aboutit jamais. La dette de relance écono­mique de notre société est tellement gigantesque que les seniors passeront après, une fois de plus.

Cependant, il ne faut pas voir tout négatif, essayons de rester positif malgré nos tracas quotidiens. Gardons cette capacité à prendre la vie du bon côté, malgré la crise sanitaire en 2020, dans laquelle les seniors ont été les plus touchés par ce COVID 19.

j’ai lu dans une revue qu’il fallait conserver notre curiosité d’enfant à tout âge. Cet article donnait un exemple : trouvez des phrases commençant par « C’est bien ». Vous écrivez, c’est un bel exercice, et vous verrez qu’il y a beaucoup plus à dire sur ce terme que celui de« C’est nul» et les mots positifs apportent un réel réconfort.
Restons solidaires, les réunions UNIRC sont faites pour nous distraire et conserver notre convivialité ; j’espère que nous allons pouvoir les relancer rapidement, sans crainte.

P.G.

Nos réunions UNIRC sont faites pour nous distraire et conserver notre convivialité : espérons que nous pourrons les relancer rapidement.